Une compagnie d’assurance agréée par l’ACPR pour la première fois en 35 ans – c’est le chiffre qui résume le mieux ce qu’Acheel représente dans le secteur. Fondée en 2020, elle affiche 800 000 assurés et prétend proposer des tarifs 10 à 15 % inférieurs à ceux des acteurs traditionnels. Voici ce que les données permettent d’en dire concrètement.
C’est quoi Acheel exactement?
Acheel naît en mars 2020 avec une ambition tarifaire claire : être moins cher que les assureurs en place, sans rogner sur les garanties. La société obtient son agrément ACPR le 21 avril 2021, ce qui en fait la première compagnie d’assurance agréée ex nihilo depuis 35 ans en France. Cet agrément couvre plusieurs branches : accidents, maladie, incendie et éléments naturels, autres dommages aux biens, et responsabilité civile générale.
Aujourd’hui, Acheel revendique plus de 800 000 assurés en France. Le seuil de rentabilité a été atteint en décembre 2022, soit moins de deux ans après le lancement commercial – un délai court pour une compagnie d’assurance qui part de zéro.
Courtier ou assureur : quelle est la vraie nature d’Acheel?
La distinction mérite qu’on s’y arrête. Un courtier en assurance place des contrats au nom d’une compagnie tierce – il est inscrit à l’ORIAS et ne porte pas le risque. Un assureur agréé, lui, assume directement les engagements financiers envers ses assurés. Acheel est un assureur agréé, pas un courtier.
C’est ce qui le distingue de Luko, Leocare ou Lovys, qui opèrent comme courtiers en s’appuyant sur des porteurs de risques externes. Acheel porte lui-même le risque sur ses contrats habitation, animaux et scolaire. La seule exception concerne l’assurance auto : sur ce produit, c’est Allianz IARD qui assume le risque, et AIKAN qui gère les sinistres. Acheel joue alors un rôle de distributeur.
Cette distinction a une conséquence pratique directe : en tant qu’assureur agréé, Acheel est couvert par le Fonds de Garantie des Assurances de Personnes (FGAP). Si la compagnie rencontrait de graves difficultés financières, ce fonds assure une protection minimale aux assurés, ce que les clients d’un courtier sans porteur de risque solide n’ont pas forcément.
Qui se cache derrière Acheel Assurance

Acheel a été fondée par Francky Defossé et Ralph Ruimy. C’est Jean de la Rochebrochard, gestionnaire de Kima Ventures – le fonds d’investissement de Xavier Niel – qui a joué un rôle déterminant dans la mise en relation des deux fondateurs. La compagnie a levé 29 millions d’euros, avec Xavier Niel entrant au capital à hauteur de 20 %. Serena Capital et Portag3 Ventures participent également au tour de table.
Sur le plan technique, Acheel travaille avec Hannover Re comme réassureur international. La réassurance, c’est le mécanisme par lequel un assureur transfère une partie de ses risques à une autre compagnie pour se protéger des sinistres exceptionnels. Hannover Re fait partie des cinq premiers réassureurs mondiaux – un gage de solidité pour le dispositif de couverture d’Acheel.
Les offres proposées : habitation, auto, animaux et scolaire
Acheel propose quatre lignes de produits distinctes :
- Assurance habitation (MRH) : trois formules disponibles – Standard, Premium et PNO (propriétaire non occupant). La couverture va des garanties légales minimales jusqu’à une protection étendue incluant vol, vandalisme et bris de glace.
- Assurance auto : portée par Allianz IARD, avec la gestion des sinistres assurée par AIKAN. Acheel distribue l’offre mais n’en est pas le porteur de risque.
- Assurance animaux : couvre les frais vétérinaires pour les chiens et chats, avec des niveaux de remboursement variables selon la formule choisie.
- Assurance scolaire : garantit la responsabilité civile des enfants et couvre les accidents survenus dans le cadre des activités scolaires et périscolaires.
L’offre reste concentrée sur les particuliers et les risques du quotidien. Acheel ne propose pas, à ce stade, de produits d’épargne, de prévoyance lourde ou d’assurance professionnelle.
Assurance habitation Acheel : tarifs, formules et personnalisation
La formule Standard démarre à 2,17 €/mois pour un profil type locataire, ce qui la place parmi les entrées de gamme les plus accessibles du marché. Le PNO débute à 4,30 €/mois. Selon les comparateurs, le prix moyen constaté pour une MRH Acheel tourne autour de 122 euros par an, toutes formules confondues.
Les trois niveaux de couverture se distinguent clairement :
- Standard : garanties légales uniquement (incendie, dégâts des eaux, catastrophes naturelles, responsabilité civile).
- Premium : ajoute la couverture vol, vandalisme, bris de glace et une assistance renforcée.
- PNO : pensé pour les propriétaires qui n’occupent pas leur bien, avec une couverture adaptée aux périodes de vacance locative.
Le contrat se configure avec une précision inhabituelle dans ce segment : capital mobilier de 3 000 à 100 000 €, couverture des objets précieux jusqu’à 1 400 €, franchise modulable entre 50 et 500 €, et jusqu’à trois colocataires inclus gratuitement. Cette granularité permet d’éviter de surpayer pour des garanties inutiles.
Acheel a analysé 200 000 contrats MRH souscrits entre mai 2021 et décembre 2025 et annonce une hausse tarifaire de 6 à 8 % pour 2026. Cette augmentation s’inscrit dans un mouvement général du marché de l’habitation, tiré par la sinistralité climatique et la hausse des coûts de réparation – Acheel ne fait pas exception à la règle.
Avis et retours d’expérience sur Acheel
Les retours les plus fréquents des assurés convergent sur quelques points précis. Du côté positif, la souscription en ligne est fluide – moins de dix minutes pour obtenir un contrat actif, sans document à envoyer au départ. Le tarif est régulièrement cité comme argument principal, notamment par des locataires qui comparaient avec leur ancienne assurance bancaire.
Les points de friction concernent surtout la gestion des sinistres. Plusieurs assurés signalent des délais de traitement longs après déclaration, et une communication jugée insuffisante pendant l’instruction du dossier. Le service client, accessible principalement par chat ou email, est perçu comme réactif sur les questions simples mais moins efficace quand un sinistre complexe exige un suivi personnalisé.
Ces retours ne sont pas propres à Acheel – la plupart des assureurs digitaux font face aux mêmes tensions entre automatisation des process et accompagnement humain sur les cas atypiques. Ce qui différencie les bons opérateurs, c’est la capacité à escalader rapidement quand le dossier sort du cas standard.
Est-ce qu’Acheel est vraiment fiable?

La réponse courte : oui, avec des nuances à connaître. L’agrément ACPR est la garantie de base – Acheel est soumis aux mêmes obligations prudentielles que n’importe quel assureur français traditionnel, notamment en matière de ratio de solvabilité et de provisionnement des sinistres.
La couverture via le FGAP ajoute un filet de sécurité en cas de défaillance. Et la présence de Hannover Re comme réassureur renforce la solidité du dispositif de couverture : si une série de sinistres importants survenait, Acheel ne serait pas seul à absorber les pertes.
Le point de rentabilité atteint en décembre 2022 est un signal positif. Une compagnie déficitaire sur la durée finit par ajuster ses tarifs ou ses garanties à la baisse – une trajectoire vers l’équilibre réduit ce risque. Reste que la compagnie demeure jeune et n’a pas encore traversé un cycle de sinistralité majeur (tempêtes répétées, inondations massives) qui teste vraiment la solidité d’un assureur.
Comment accéder à son compte Acheel et joindre le service client
L’espace personnel Acheel est accessible depuis le site officiel acheel.com, rubrique « Mon compte ». Vous y gérez vos contrats, déclarez un sinistre, et téléchargez vos attestations d’assurance. La connexion se fait par email et mot de passe – aucune application mobile dédiée n’est requise, l’interface est conçue pour fonctionner sur mobile via navigateur.
Pour joindre le service client, trois canaux sont disponibles :
- Le chat en ligne, accessible depuis l’espace client ou la page d’accueil du site, généralement le canal le plus réactif pour les questions courantes.
- L’email, pour les demandes nécessitant un suivi ou des pièces jointes.
- Le téléphone, dont le numéro est indiqué dans votre espace personnel après connexion – Acheel ne communique pas un numéro générique public, ce qui oblige à se connecter d’abord.
Ce fonctionnement est cohérent avec le modèle digital-first d’Acheel, mais peut dérouter les assurés qui cherchent un contact téléphonique direct sans passer par leur espace client.
Acheel tient sa promesse tarifaire face aux assureurs traditionnels
La promesse de départ était claire : 10 à 15 % moins cher que la concurrence. Les données de prix disponibles confirment globalement cet écart, au moins sur l’assurance habitation. À 122 euros par an en moyenne, Acheel se positionne nettement sous les tarifs pratiqués par les bancassureurs classiques, où une MRH équivalente se négocie souvent entre 150 et 200 euros annuels selon le profil.
Sur l’assurance animaux, le positionnement est comparable à celui d’autres acteurs digitaux comme Dalma ou Lovys. Acheel ne domine pas ce segment mais reste compétitif. Sur l’auto, la comparaison est moins directe puisqu’Allianz IARD porte le risque – les tarifs suivent donc la logique de ce porteur, pas celle d’Acheel.
La hausse annoncée de 6 à 8 % pour 2026 mérite d’être mise en perspective. Les assureurs traditionnels affichent des hausses similaires, voire supérieures, sur la même période. L’écart tarifaire initial devrait donc se maintenir, sauf si Acheel multiplie les révisions. C’est à surveiller sur le long terme, surtout pour les contrats souscrits depuis 2021 qui n’ont pas encore subi plusieurs cycles de réévaluation.
Pour un locataire ou un propriétaire qui cherche une couverture solide à prix contenu et qui est à l’aise avec la gestion en ligne, comme avec d’autres acteurs digitaux dans l’assurance santé, Acheel coche la plupart des cases – à condition d’accepter que le service humain reste en retrait quand tout va bien, et d’espérer que la gestion des sinistres s’améliore à mesure que la compagnie gagne en maturité opérationnelle. 800 000 assurés en quatre ans, c’est une traction réelle. La question n’est plus de savoir si Acheel existe vraiment – c’est de savoir si elle durera aussi bien qu’elle a démarré.