Les cotisations des contrats individuels de complémentaire santé augmentent de 4,3 % en moyenne en 2026, selon la Fédération nationale de la Mutualité française (chiffres publiés en décembre 2025). Côté contrats collectifs, WTW (Willis Towers Watson) estime à 5,1 % la dérive des dépenses remboursées en 2026, attribuée à l’inflation médicale et au vieillissement. Le vieillissement pèse donc bel et bien sur votre facture, sans en être l’unique cause, et les projections de l’Assurance maladie laissent attendre une pression qui se prolonge jusqu’en 2030.
Une population qui vieillit dans tous les scénarios
Au 1er janvier 2026, les 60 ans et plus représentent 28,5 % de la population française, contre 19,1 % en 1991. Les plus de 75 ans pèsent déjà 11,1 %. Les projections de l’INSEE publiées le 8 juin 2026 retiennent trois scénarios démographiques, et la population vieillit dans chacun d’eux. Il s’agit de projections, non de constats : l’ampleur dépend du scénario retenu.
Le nombre de personnes de 80 ans et plus devrait passer de 4,3 à 6,7 millions d’ici 2040, avec 49 seniors pour 100 actifs, contre 40 aujourd’hui.
Pourquoi l’âge fait grimper la dépense
Les 65 ans et plus concentrent 55 % de la dépense de santé, selon l’Assurance maladie. Le mécanisme passe par les maladies chroniques : 25,6 millions de personnes sont soignées pour une pathologie de ce type. Selon un rapport officiel de la CNAM, le vieillissement explique 55 % de la hausse de la prévalence des maladies chroniques observée depuis 2023. Ce chiffre porte sur le nombre de malades, pas directement sur le coût que supporte l’assuré, mais il indique la direction : plus de personnes âgées, plus de soins réguliers et de traitements au long cours.
La facture publique : 274,4 milliards d’euros en 2026
L’objectif de dépenses de l’Assurance maladie atteint 274,4 milliards d’euros en 2026, en hausse de 3,1 %, soit environ 8 milliards de plus en un an. Pour la suite, l’Assurance maladie estime que, sans action, les dépenses pourraient augmenter d’environ 10 milliards par an jusqu’en 2030. C’est une estimation conditionnelle, pas une prévision ferme. Thomas Fatôme, directeur général de la CNAM, prévient que, sans action forte, les dépenses progresseraient « à un niveau difficilement soutenable ».
Les chiffres de déficit divergent selon le périmètre. Le déficit projeté de l’Assurance maladie est de 13,8 milliards d’euros en 2026, en baisse de plus de 2 milliards par rapport à 2025. Le déficit global de la Sécurité sociale pourrait atteindre 23,2 milliards d’euros selon la commission des comptes de la Sécurité sociale, soit 0,8 point de PIB. Ces deux montants mesurent des ensembles différents : ils ne s’additionnent pas et ne se substituent pas l’un à l’autre.
Comment la pression arrive jusqu’à votre cotisation
Quand l’Assurance maladie rembourse moins ou plus sélectivement, la part restante se reporte vers les complémentaires, qui la répercutent dans leurs tarifs. Le relèvement du ticket modérateur de 30 à 40 % en est une illustration : il fait peser environ un milliard d’euros de frais supplémentaires sur les assureurs. Le périmètre exact de cette mesure n’est pas détaillé dans les données disponibles, et ce montant est à prendre comme un ordre de grandeur rapporté, non comme un chiffre définitif.
La mécanique diffère selon votre contrat :
- Contrat individuel : la hausse moyenne de 4,3 % en 2026 est une moyenne. Votre taux réel dépend de votre assureur, de votre contrat et de sa politique tarifaire selon l’âge, que les sources disponibles ne détaillent pas.
- Contrat collectif d’entreprise : vous ne recevez pas forcément d’avis d’augmentation personnel. La dérive de 5,1 % des dépenses (après +4,9 % en 2025) se traduit au niveau de l’entreprise, par exemple dans le partage du coût entre employeur et salariés, un point que les sources ne précisent pas. Votre service des ressources humaines peut vous renseigner.
Le vieillissement n’explique pas tout
WTW cite deux moteurs côte à côte pour les contrats collectifs : l’inflation médicale et le vieillissement. La part de chacun n’est pas chiffrée dans les données disponibles. Les modifications de remboursement, comme le ticket modérateur, s’y ajoutent. Attribuer toute la hausse à la démographie serait donc inexact.
Quelle suite donner à l’avis d’augmentation
La tendance de fond va vers la hausse, ce qui rend l’avis d’échéance utile à examiner plutôt qu’à subir. Aucune économie ne peut être promise à l’avance : elle dépend de votre profil et des offres du marché. Trois vérifications sont à votre portée :
- comparer votre taux d’augmentation à la moyenne de 4,3 % pour un contrat individuel, en gardant à l’esprit que votre assureur peut s’en écarter ;
- relire vos garanties pour repérer celles que vous n’utilisez pas, ce que détaille notre analyse des garanties à supprimer quand la mutuelle des retraités flambe ;
- demander des devis comparables à l’échéance de votre contrat, à niveau de garanties équivalent, pour que l’écart de prix reflète bien la même couverture.
Pour qui se rapproche de la retraite, cet examen compte d’autant plus que la dépense de santé se concentre après 65 ans et que la pression démographique, selon les projections, se poursuit au moins jusqu’en 2030.