Raizers lance son assurance-vie patrimoniale avec Generali

Raizers dévoile sa nouvelle offre d’épargne patrimoniale en assurance-vie

Une plateforme de crowdfunding immobilier qui sort de son terrain habituel

Raizers a été fondée en 2014 par Maxime Pallain et Grégoire Linder avec un positionnement clair : financer des projets immobiliers via des prêts obligataires souscrits par des particuliers. Douze ans plus tard, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 453 millions d’euros financés sur 458 projets, avec un taux moyen pondéré de 10,29 % selon les données publiées par la plateforme au 2 juillet 2026. Ces indicateurs placent Raizers parmi les acteurs les plus actifs du marché français du crowdfunding immobilier.

En juillet 2022, Empruntis a racheté la plateforme, l’intégrant au groupe Mentor. Ce rapprochement n’est pas anecdotique : Empruntis est historiquement positionné sur le courtage en crédit immobilier, ce qui crée une base clientèle très orientée vers les ménages propriétaires ou investisseurs. La convergence entre une base d’utilisateurs sensibles à l’immobilier et une plateforme spécialisée dans son financement a rendu le virage vers d’autres produits patrimoniaux structurellement lisible.

Le passage à l’assurance-vie ne constitue donc pas une rupture idéologique, mais un élargissement de gamme vers une enveloppe fiscale que les investisseurs immobiliers connaissent souvent mal ou sous-utilisent. La date d’annonce, le 8 septembre 2026, coïncide avec une période de rentrée patrimoniale traditionnellement propice aux lancements de produits d’épargne longue.

Ce que Raizers propose concrètement avec ce contrat

Selon les informations publiées par MoneyVox et relayées par Patrimoine Magazine, Raizers propose désormais un contrat d’assurance-vie en partenariat avec Generali. Le positionnement revendiqué est patrimonial, ce qui signifie que le contrat vise un profil d’épargnant avec un horizon de placement long et une sensibilité à la transmission de capital.

Les détails précis sur les unités de compte accessibles, le montant minimum de versement initial ou les frais de gestion n’ont pas encore été tous rendus publics au moment de l’annonce. Ce qui est établi, c’est que le contrat s’adresse à des investisseurs déjà familiers avec les actifs alternatifs, et qu’il intègre très probablement des supports en lien avec l’immobilier ou le financement participatif, dans la lignée de l’ADN de Raizers. Un contrat d’assurance-vie généraliste aurait peu de sens à porter la marque d’une plateforme spécialisée.

La distinction avec un contrat grand public tient aussi à la distribution : Raizers adresse sa communauté d’investisseurs existants, ce qui permet une commercialisation ciblée sans passer par un réseau bancaire traditionnel. Pour les épargnants qui souhaitent comparer les rendements servis sur les fonds en euros des principaux contrats du marché, l’adossement à Generali apporte un repère concret.

Pourquoi Generali et pas un autre assureur

Generali est l’un des groupes d’assurance les plus importants en Europe, avec une présence significative sur le marché français de l’assurance-vie. Son fonds en euros bénéficie d’une notation et d’une solidité financière qui rassurent les intermédiaires souhaitant distribuer un contrat sous leur propre marque. Pour Raizers, s’adosser à Generali, c’est emprunter une crédibilité réglementaire que la plateforme ne peut pas construire seule en quelques mois.

L’assurance-vie est un produit fortement réglementé, soumis au contrôle de l’ACPR. Lancer un contrat en marque blanche adossé à un assureur solide permet à une plateforme de crowdfunding d’entrer sur ce marché sans avoir à obtenir un agrément d’assureur, ce qui supposerait des exigences en fonds propres et en gouvernance très différentes de celles d’un prestataire de services de financement participatif. Generali absorbe ce cadre réglementaire ; Raizers apporte la base client et la distribution.

Ce type d’architecture n’est pas inédit : d’autres acteurs du financement participatif ou du courtage en ligne ont emprunté le même chemin ces dernières années. La solidité du fonds euros Generali reste un argument commercial mesurable, contrairement à des promesses de performance moins vérifiables.

La logique du groupe Mentor derrière ce lancement

Depuis le rachat d’Empruntis, le groupe Mentor a construit une architecture multi-produits autour du parcours financier des ménages investisseurs. Raizers gère le financement participatif immobilier ; Empruntis pilote le courtage en crédit. L’assurance-vie vient compléter le cycle en proposant une enveloppe d’épargne longue durée à des clients qui ont déjà investi en crowdfunding ou souscrit un crédit via le groupe.

La logique de fidélisation est explicite : un investisseur qui place 5 000 euros sur une opération de crowdfunding immobilier à 10 % génère un rendement à court terme, mais reste sans solution d’épargne structurée pour l’après. L’assurance-vie comble ce vide dans le parcours client, tout en générant pour le groupe des commissions récurrentes liées à la gestion du contrat, plus stables que les revenus transactionnels du crowdfunding.

Pour le groupe Mentor, ce lancement dit aussi quelque chose sur sa conception de la diversification : elle passe par l’adossement à des acteurs établis plutôt que par la construction d’une licence propre, ce qui limite le risque capitalistique et accélère le time-to-market.

Ce que ça change pour les investisseurs déjà présents sur Raizers

Un investisseur habitué au crowdfunding immobilier travaille généralement sur des horizons courts : les obligations Raizers ont des maturités comprises entre 12 et 36 mois, avec une sortie à échéance fixe. L’assurance-vie fonctionne selon une logique inverse : la valeur fiscale de l’enveloppe se construit dans la durée, avec un abattement annuel sur les gains qui ne devient vraiment avantageux qu’après 8 ans (4 600 euros pour une personne seule, 9 200 euros pour un couple).

Sur le plan de la liquidité, les deux produits ne sont pas comparables. Le remboursement d’une obligation Raizers est contractuellement daté. Un rachat sur une assurance-vie est techniquement possible à tout moment, mais génère une fiscalité sur les gains en cas de retrait avant 8 ans, et peut affecter la transmission si le contrat n’a pas atteint sa maturité optimale.

Pour un épargnant dont l’allocation est déjà fortement orientée immobilier — via le crowdfunding, la pierre papier ou un bien en direct — l’assurance-vie Raizers peut introduire une concentration sectorielle supplémentaire si les unités de compte proposées restent dans l’univers immobilier. La performance comparée des contrats d’assurance-vie de plus de 8 ans montre que la diversification des supports reste un levier de rendement à ne pas négliger sur le long terme. L’aspect successoral mérite aussi attention : l’assurance-vie permet de désigner librement des bénéficiaires hors succession, avec un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans — un mécanisme que les obligations de crowdfunding ne peuvent pas répliquer.