Si le mail que vous avez reçu provient de noreply@wetrans.org ou de toute adresse ne se terminant pas par @commissaire-justice.fr, il ne vient pas de la SCP Saunier Gauthier. C’est le critère le plus fiable, et il suffit dans la grande majorité des cas. L’adresse officielle de l’étude est scpsauniergauthier@commissaire-justice.fr ; son téléphone est le 03 44 22 30 53. Un fil de signalement sur Signal-Arnaques.com rassemble 110 commentaires autour de cette usurpation, active depuis début 2024.
Si votre mail vient d’une autre adresse, ou si vous avez une dette ou une procédure judiciaire en cours, lisez la suite avant de conclure.
Pourquoi le nom d’une vraie étude apparaît dans une arnaque
Les escrocs n’inventent pas les noms : ils les empruntent. Une étude de commissaire de justice réelle, implantée localement depuis des années, inspire une confiance immédiate. Le destinataire du mail reconnaît un nom qu’il peut vérifier sur Internet, ce qui renforce la crédibilité du message avant même qu’il l’ait lu.
La SCP Saunier Gauthier existe bel et bien. Elle est officiellement dénommée « Corinne Saunier et Isabelle Gauthier, Commissaires de Justice Associées », enregistrée au RCS de Beauvais sous le SIREN 413 823 279, avec siège à Méru (Oise, 60110). Depuis le 1er juillet 2022, la profession d’huissier de justice a fusionné avec celle de commissaire-priseur judiciaire pour former la profession unique de commissaire de justice – c’est pourquoi vous pouvez trouver cette étude sous les deux appellations selon les sources consultées.
Usurper le nom d’une telle structure produit un effet de pression supplémentaire : un courrier d’un commissaire de justice évoque une procédure légale, une dette, une saisie possible. La panique prend le dessus sur la vérification. C’est exactement ce que recherche l’escroc. Ce mécanisme est le même que celui utilisé par certaines sociétés de recouvrement dont l’identité est détournée pour forcer un paiement sans titre exécutoire.
Vérifier le mail en moins d’une minute
Trois vérifications, dans cet ordre, couvrent la quasi-totalité des cas.
1. L’adresse de l’expéditeur
Regardez l’adresse complète, pas seulement le nom affiché. Un expéditeur peut s’afficher « SCP Saunier Gauthier » tout en envoyant depuis noreply@wetrans.org ou n’importe quel domaine générique. Seule une adresse se terminant par @commissaire-justice.fr est cohérente avec l’identité officielle de l’étude. Toute autre terminaison est un signal fort de fraude.
Attention au typosquatting : une adresse comme scpsauniergauthier@commissaire-justice.com (avec .com au lieu de .fr) ou scp-saunier-gauthier@commissaire-justice.fr peut sembler proche sans être la bonne. En cas de doute sur la forme exacte, seule la vérification téléphonique directe lève l’ambiguïté.
2. La nature de la demande
Un vrai acte judiciaire n’est pas signifié par email : il est remis en personne ou par voie postale. Un mail vous demandant de régler une somme par virement immédiat, de cliquer sur un lien pour « régulariser votre situation » ou de rappeler un numéro en urgence n’est pas un acte de commissaire de justice. C’est du phishing.
3. Le ton du message
Les faux courriers judiciaires jouent sur l’urgence et la menace : délais très courts, conséquences graves annoncées, formulations vagues sur la nature exacte de la procédure. Un vrai courrier professionnel indique précisément la nature de l’acte, la juridiction concernée et les coordonnées de l’étude pour tout contact.
Voici une synthèse pour décider rapidement :
- Vérifier l’adresse complète de l’expéditeur : se termine-t-elle par @commissaire-justice.fr ?
- Le mail demande-t-il un paiement immédiat ou un clic sur un lien ? Si oui, c’est caractéristique d’une tentative de phishing.
- L’adresse est proche mais pas identique au domaine officiel ? Ne pas conclure seul : appeler l’étude.
- Vous avez une procédure ou une dette en cours ? Appelez l’étude avant toute décision.
- Tous les signaux pointent vers une arnaque ? Passer directement à l’étape signalement.
Contacter l’étude pour lever le doute
Si les vérifications précédentes ne suffisent pas à trancher – notamment parce que vous êtes effectivement en litige ou avez une dette connue -, appelez directement l’étude. C’est la seule façon fiable de confirmer ou d’infirmer l’authenticité d’un courrier.
Téléphone : 03 44 22 30 53
Email officiel : scpsauniergauthier@commissaire-justice.fr
Horaires d’accueil à Méru : lundi au vendredi, 9h00-12h00 et 14h00-17h45, fermé le samedi (horaires susceptibles d’évoluer, à confirmer sur le site de l’étude)
Si vous avez réellement une dette ou une procédure en cours, ne partez pas du principe que le mail est forcément frauduleux. Un acte authentique laissé sans réponse peut avoir des conséquences concrètes. L’appel téléphonique ne prend pas deux minutes et supprime toute incertitude.
En revanche, ne rappelez jamais un numéro figurant dans le mail suspect lui-même : ce numéro peut mener directement à l’escroc.
Que faire si le mail est bien une arnaque
- Ne cliquez sur aucun lien contenu dans le message et ne téléchargez aucune pièce jointe.
- Ne rappellez pas un numéro indiqué dans le mail.
- Ne transmettez aucune information personnelle : coordonnées bancaires, numéro de sécurité sociale, copie de pièce d’identité.
- Signalez le mail sur Signal-Arnaques.com : un signalement contribue à alerter d’autres destinataires potentiels. Le fil existant sur ce site comptabilise déjà 110 commentaires pour cette usurpation spécifique.
- Signalez également sur Phishing Initiative (signal-spam.fr) ou via la plateforme Pharos (internet-signalement.gouv.fr) pour les autorités compétentes.
- Si vous avez déjà cliqué sur un lien ou fourni des données, contactez votre banque immédiatement et déposez une plainte auprès des services de police ou de gendarmerie.
Ce type d’arnaque par usurpation d’identité judiciaire suit la même logique que d’autres fraudes au prélèvement ou à l’identité professionnelle – le nom d’une entité réelle sert de caution pour forcer une action rapide. Une opération bancaire inconnue ou un mail inattendu d’un organisme officiel méritent toujours la même réaction : vérifier la source directement, jamais via les coordonnées du message reçu.