Vous avez reçu un appel ou un courrier signé Sogedi, et vous ne savez pas à qui vous avez affaire. Avant de rappeler ou de répondre, il faut savoir une chose : Sogedi est une société légalement constituée, immatriculée au RCS de Nantes sous le numéro 440 614 816, dont le siège se trouve au 48 rue Georges Charpak à Haute-Goulaine (44115). Ce n’est pas une arnaque, c’est une société de recouvrement d’impayés qui agit pour le compte d’un créancier – un opérateur téléphonique, une assurance, un fournisseur d’énergie, une banque – qui lui a confié le traitement d’une créance vous concernant.
Ce qu’est Sogedi et ce qu’elle fait réellement
Sogedi est l’acronyme de « Société de Gestion des Impayés ». Créée le 1er février 2002, cette SAS au capital social de 1 750 000 € exerce deux métiers : le recouvrement de créances civiles et commerciales, et l’enquête civile. Son code NAF est 8291Z, correspondant aux activités de gestion de fonds.
Les chiffres publiés par la société pour 2021 donnent une idée de son volume d’activité : 156 collaborateurs, 1 400 000 créances traitées, 171 000 enquêtes réalisées, pour un encours total de 319 millions d’euros. Ces données sont déclarées par Sogedi elle-même et n’ont pas fait l’objet d’une vérification indépendante, mais elles permettent de situer l’échelle de l’entreprise : ce n’est pas une micro-structure.
Pourquoi Sogedi vous contacte : les secteurs qui lui confient des créances
Sogedi ne récupère pas de créances pour son propre compte. Elle agit en tant que mandataire d’un créancier initial, que vous pouvez identifier en remontant à l’origine de la relance. La répartition sectorielle de ses portefeuilles – selon les données publiées par la société, sans date précisée – est la suivante :
- 38 % : opérateurs téléphoniques
- 26 % : assurances
- 24 % : eau et énergie
- 9 % : banques
- 3 % : autres secteurs
Si vous avez récemment résilié un abonnement téléphonique, eu un litige avec votre fournisseur d’énergie ou un retard de cotisation d’assurance, c’est probablement là qu’il faut chercher l’origine de la relance.
Le recouvrement amiable pratiqué par Sogedi s’inscrit dans le cadre du décret 2012-783 du 30 mai 2012, qui encadre les obligations des sociétés de recouvrement vis-à-vis des débiteurs. Sogedi se réclame de la conformité avec ce texte. Ce cadre réglementaire implique notamment des règles sur le contenu des courriers et l’identification du créancier mandant.
L’enquête civile : ce que Sogedi peut chercher sur vous
L’enquête civile est un volet de l’activité de Sogedi qui suscite des questions légitimes. Concrètement, ses enquêteurs peuvent être mandatés pour retrouver une adresse, vérifier une situation professionnelle ou évaluer la capacité de remboursement d’un débiteur. L’objectif est de déterminer s’il est pertinent de poursuivre la procédure amiable ou d’orienter vers le contentieux.
Ce qui encadre cette activité : les agents de Sogedi sont agréés par le CNAPS (Conseil national des activités privées de sécurité), l’organisme qui délivre les autorisations aux agents de recherches privées en France. Cet agrément conditionne le droit d’exercer légalement ce type de recherche. Ce n’est donc pas une collecte d’informations sauvage, mais une activité réglementée.
Pour les créanciers qui envisagent de confier des impayés à Sogedi, la société propose la plateforme Recovry, présentée sans frais de dossier et avec un paiement uniquement en cas de résultat. Les conditions exactes de facturation ne figurent pas dans les éléments disponibles et méritent d’être vérifiées directement auprès de la société.
Ce qu’en disent les personnes contactées
Les données d’évaluation disponibles sont limitées et doivent être lues avec leur contexte.
Sur Trustpilot, sous le domaine sogedi.gp, Sogedi obtient un TrustScore de 2/5 sur 24 avis, avec 84 % de notes à 1 étoile. Deux réserves s’imposent : le nombre d’avis est faible, et le domaine .gp peut correspondre à une entité géographique distincte du siège métropolitain – ce qui rend difficile de généraliser ces retours à l’ensemble de l’activité.
Sur GoWork, la note est de 2,3/5, avec 67 % de notes à 1 étoile et seulement 33 % de recommandations. GoWork est principalement une plateforme d’avis salariés – les notes reflètent davantage l’expérience interne que celle des débiteurs contactés.
Le grief le plus fréquemment cité dans les avis disponibles est celui des appels automatiques à répétition. C’est un reproche courant adressé aux sociétés de recouvrement de manière générale, et il pointe une pratique qui, même légale, est vécue comme intrusive. Les avis disponibles ne détaillent pas d’autres types de griefs spécifiques.
En comparaison, la façon dont les avis clients reflètent la fiabilité réelle d’un prestataire dépend toujours du contexte de collecte et du nombre de contributeurs – ce qui vaut ici aussi pour Sogedi.
Que faire si Sogedi vous contacte
La marche à suivre dépend d’une seule question initiale : reconnaissez-vous la dette ?
Vous avez reçu un courrier ou un appel de Sogedi
↓
Reconnaissez-vous la dette ?
→ Oui : passez à l’étape 1 ci-dessous (vérification puis arrangement)
→ Non ou je ne sais pas : passez à l’étape 2 (demande de justificatif écrit)
Si vous reconnaissez la dette
- Vérifiez le montant réclamé et retrouvez le contrat ou la facture d’origine chez le créancier initial – Sogedi agit pour son compte, pas pour le sien.
- Contactez Sogedi pour discuter d’un arrangement amiable : par téléphone au 02 51 79 13 13, par e-mail à recouvrement@sogedi.fr, ou via l’espace personnel sur sogedisigma.fr.
- Obtenez tout accord de paiement par écrit avant tout versement.
Si vous ne reconnaissez pas la dette ou suspectez une erreur
- Ne payez rien avant d’avoir obtenu un justificatif. Le recouvrement amiable ne crée pas d’obligation immédiate de payer.
- Envoyez un courrier recommandé avec accusé de réception à Sogedi (48 rue Georges Charpak, 44115 Haute-Goulaine) en demandant la nature exacte de la créance, l’identité du créancier initial et le justificatif contractuel. Vous avez le droit de formuler cette demande avant toute démarche.
- Si la dette vous est inconnue ou si le montant vous paraît inexact, rapprochez-vous directement du créancier initial identifié dans le courrier de Sogedi.
Point sur la prescription
Une créance peut, selon sa nature et les délais écoulés, ne plus être légalement exigible en raison des règles de prescription civile. Si vous pensez être dans cette situation, la vérification des délais applicables à votre type de contrat – télécom, assurance, prêt bancaire – nécessite une analyse au cas par cas qu’un article ne peut pas remplacer. Un litige sur une créance d’assurance, par exemple, suit des règles de prescription différentes d’une créance téléphonique. En cas de doute, un conseiller juridique ou une association de consommateurs (UFC-Que Choisir, CLCV) est la ressource adaptée.
À retenir avant d’agir : une relance de Sogedi n’est pas une décision de justice. Le recouvrement amiable est une étape qui précède une éventuelle procédure judiciaire – vous pouvez répondre, contester ou demander des justificatifs sans que cela engage votre responsabilité sur le fond. Si vous doutez de la validité, du montant ou de la prescription d’une dette, la seule option fiable reste un avis juridique : cet article pose le cadre, il ne se substitue pas à une analyse de votre dossier.